Constitution Européenne des Droits de l'Homme

Article 8 - Droit au respect de la vie privée et familiale

1 - Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance.

2 - Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui.

Convention Internationale des Droits de l'Enfant

Article 9
1. Les États parties veillent à ce que l'enfant ne soit pas séparé de ses parents contre leur gré, à moins que les autorités compétentes ne décident, sous réserve de révision judiciaire et conformément aux lois et procédures applicables, que cette séparation est nécessaire dans intérêt supérieur de l'enfant. Une décision en ce sens peut être nécessaire dans certains cas particuliers, par exemple lorsque les parents maltraitent ou négligent l'enfant, ou lorsqu'ils vivent séparément et qu'une décision doit être prise au sujet du lieu de résidence de l'enfant.
2. Dans tous les cas prévus au paragraphe 1, toutes les parties intéressées doivent avoir la possibilité de participer aux délibérations et de faire connaître leurs vues.
3. Les États parties respectent le droit de l'enfant séparé de ses deux parents ou de l'un d'eux d'entretenir régulièrement des relations personnelles et des contacts directs avec ses deux parents, sauf si cela est contraire à intérêt supérieur de l'enfant

dimanche 11 décembre 2011

Champvecinel (24) : un enfant retiré à tort à ses parents

Source : http://www.sudouest.fr/2011/12/11/un-enfant-retire-a-tort-577772-7.php#xtor=EPR-260-[Newsletter]-20111211-[zone_info]


Champvecinel (24) : un enfant retiré à tort à ses parents

Décision rarissime : un hôpital, le CHU de Limoges, est condamné pour avoir signalé à tort un cas de maltraitance sur un nourrisson en 2007

 Le nourrisson aura été séparé de ses parents pendant près de sept mois.  archives C. PRIGENT/« LE TéLéGRAMME »

Le nourrisson aura été séparé de ses parents pendant près de sept mois. archives C. PRIGENT/« LE TéLéGRAMME »

En 2007, leur bébé à peine âgé de 2 mois leur avait été retiré à la suite d'un signalement effectué auprès du procureur de la République par le CHU de Limoges. L'établissement avait suspecté, à tort, des actes de maltraitance. Quatre ans plus tard, les parents, domiciliés à Champcevinel dans la banlieue de Périgueux, ont obtenu en justice la condamnation de l'hôpital limousin. Il devra leur verser 30 000 euros de dommages-intérêts pour réparer le préjudice causé par une erreur de diagnostic qui aurait pu être évitée.

prématuré au mois de mai, le bambin avait dû être à nouvel hospitalisé quelques semaines plus tard. Son mollet ayant gonflé à la suite d'un vaccin, ses parents, fortement inquiets, avaient consulté un chirurgien périgourdin qui avait mis en évidence une fracture du tibia et orienté l'enfant vers le CHU de Limoges. Quelques jours plus tard, le couple était soupçonné du pire et son fils placé dans une pouponnière des services de l'aide sociale à l'enfance.

Maladie des os de verre

Ce n'est que sept mois plus tard que la justice lavera de tout soupçon le charpentier et l'employée de La Poste, qui auront entre-temps vu naître le doute dans le regard de certains de leurs proches. Jusqu'à ce que l'hôpital Necker de Paris procède à des examens approfondis et réalise un bilan complet. L'enfant était en fait atteint d'ostéogénèse imparfaite, une pathologie rarissime plus connue sous le nom de la « maladie des os de verre ». La fracture du tibia n'était pas imputable à des coups portés, mais à la fragilité du squelette.

Privé de leur enfant pendant près de sept mois, les parents ont vécu douloureusement cette situation. Au point de se retourner contre le CHU sur les conseils de Me Lionel Marconi, leur avocat bordelais. Le procès intenté devant le tribunal administratif de Limoges n'était pas gagné d'avance. L'article 40 du Code pénal impose en effet à toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire ayant connaissance d'un crime ou d'un délit d'en aviser sans délai le procureur de la République. À partir du moment ou un médecin hospitalier avait eu en toute bonne foi une suspicion de mauvais traitement, nul ne pouvait lui reprocher d'en avoir informé qui de droit.

De la même façon, l'erreur de diagnostic ne peut constituer à elle seule une faute. Les médecins limougeauds ont d'ailleurs à un moment donné évoqué l'hypothèse de la maladie des os de verre. Avant de l'écarter après un temps de réflexion. « Le service hospitalier ne s'est toutefois pas entouré de toutes les précautions en ne procédant pas à l'analyse des antécédents familiaux, qui auraient pu permettre de lever les hésitations », relèvent les magistrats du tribunal administratif.

Parents traumatisés

Même si les cas de violence sont beaucoup plus nombreux que ceux d'ostéogénèse, le CHU aurait dû s'enquérir du passé médical des parents et plus particulièrement de celui de la mère, sujette elle aussi à des blessures de cette nature. D'autant que le nourrisson n'était porteur d'aucun des symptômes habituels de la maltraitance : ecchymoses, hématomes… « Il ne saurait être question de reprocher à la mère, profane en la matière, de n'avoir pas elle-même informé les médecins du service des multiples fractures dont elle avait souffert au cours de sa vie », souligne le tribunal.

Si l'enfant n'a pas subi de préjudice physique en raison du retard de diagnostic, il n'en va pas de même des parents, traumatisés par la séparation et qui pendant près de sept mois visitaient quotidiennement leur fils dans les locaux de la pouponnière où il avait été placé. Une épreuve dont ils se souviendront toute leur existence.

1 commentaires:

  1. Il y a des cas très justes, et d'autres que ne le sont pas. Mais il y a toujours la douleur de la séparation, ça je le sais.

    Petite, j'ai été placée. Grande, j'ai été séparée de ma fille aînée.
    Je vis avec ma fille cadette et son père.

    Donc, je connais bien les deux côtés, et je peux très bien comprendre soit les enfants soit les parents (surtout s'il s'agit d'une maman). Allez sur http://srevoredo.blogspot. com

    RépondreSupprimer