Constitution Européenne des Droits de l'Homme

Article 8 - Droit au respect de la vie privée et familiale

1 - Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance.

2 - Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui.

Convention Internationale des Droits de l'Enfant

Article 9
1. Les États parties veillent à ce que l'enfant ne soit pas séparé de ses parents contre leur gré, à moins que les autorités compétentes ne décident, sous réserve de révision judiciaire et conformément aux lois et procédures applicables, que cette séparation est nécessaire dans intérêt supérieur de l'enfant. Une décision en ce sens peut être nécessaire dans certains cas particuliers, par exemple lorsque les parents maltraitent ou négligent l'enfant, ou lorsqu'ils vivent séparément et qu'une décision doit être prise au sujet du lieu de résidence de l'enfant.
2. Dans tous les cas prévus au paragraphe 1, toutes les parties intéressées doivent avoir la possibilité de participer aux délibérations et de faire connaître leurs vues.
3. Les États parties respectent le droit de l'enfant séparé de ses deux parents ou de l'un d'eux d'entretenir régulièrement des relations personnelles et des contacts directs avec ses deux parents, sauf si cela est contraire à intérêt supérieur de l'enfant

lundi 24 août 2009

Réponse de M. Jacques Trémentin (24/08/2009)

Cher Monsieur,

Je prends connaissance de votre réaction sur une critique parue en 2005.
Je suis allé la relire et l'ai trouvée effectivement assez véhémente.
Sans trop me souvenir de ce livre, lu il y a maintenant quatre ans, je vous confirme continuer à être très irrité par les affirmations péremptoires d'où qu'elles viennent sur la place des parents. Leur diabolisation m'agace tout autant que leur idéalisation. J'ignore si 50% des placements ne sont pas liés à la maltraitance ou s'il y en a en France le double que partout ailleurs. Ce qui m'importe c'est ce que je vis au quotidien depuis vingt ans dans mon travail d'éducateur en protection de l'enfance. Je rentre de mon travail ce jour après avoir pris beaucoup de temps pour calmer un père de famille qui me donnait comme alternative de placer son fils immédiatement ou de le contraindre à le mettre à la porte le soir-même. Eh bien voyez-vous, cher Monsieur, je ne l'ai pas placé. Et mon désir le plus fort, ce serait de convaincre ce père qui a jeté à la figure de son fils de 15 ans qu'il le reniait et qu'il fallait qu'il dégage, de garder son enfant. Je ne suis pas sûr d'y arriver. Et cela me rendra malheureux d'avoir peut-être à concrétiser une forme d'abandon. Plus tôt dans l'après-midi, je parlais avec un jeune de 20 ans que j'avais fait placer il y a dix ans. Une mère malade mentale et un père malade alcoolique qui passent leur temps à se taper l'un sur l'autre. Ce qui a provoqué le placement ? Un voisin tout aussi alcoolique recueilli et invité à partager le seul lit qui restait: celui du fils. Avec en prime attouchements sexuels toute la nuit ... Après un placement de 10 ans, ce jeune va aujourd'hui bien et poursuit ses études. Il a pu voir régulièrement ses parents en week-end et profiter d'un milieu d'accueil bien plus propice à son développement. Depuis que j'exerce, je me suis battu pour accompagner le retour de nombreux enfants auprès de leurs parents et je me suis tout autant battu pour en protéger d'autres de parents extrêmement toxiques et malfaisants. Je ne me fais en la matière aucune religion. C'est au cas par cas. J'ai fait certainement des erreurs en présupposant une compétence parentale là où elle n'y étais guère et en négligeant celle qui était potentielle et que je n'ai sans doute pas su développer... Les éducateurs sont toujours ceux qui interviennent trop tôt ou trop tard. Nous serons toujours l'objet de critiques sur notre manque ou au contraire notre trop grande réactivité. La réalité est infiniment plus complexe que ce que l'on peut en dire dans les livres. Et s'il y a bien quelque chose qui m'insupporte au plus haut point en la matière, c'est la simplification ou la caricature tant des donneurs de leçon que de celles et de ceux qui sont traversés par les certitudes et la conviction de détenir une quelconque vérité. Tant que je ferai ce métier, j'espère être animé par le même doute salutaire qui me fera toujours m'interroger si j'ai bien fait ou pas. Il y a certainement sur le blog que vous m'avez conseillé des cas démontrant d'authentiques dérapages de la part de services socio-éducatifs, comme d'habiles manipulations de la part de véritables pervers... et puis toutes les variantes entre les deux. Tout ce que je peux vous affirmer c'est avoir toujours croisé beaucoup de souffrance tant chez les enfants que chez les parents. S'y plonger y rajoute la propre souffrance des professionnels qui les côtoient. Avec tout cela, on essaie de faire au mieux, sans toujours y réussir.
Vous voyez, j'ai "daigné" vous répondre. Je ne vois pas pourquoi je vous aurais méprisé. Vous semblez avoir de fortes convictions, tout comme moi. Je pense que les débats doivent toujours avoir lieu et j'ai horreur du consensus mou. C'est donc bien volontiers que je vous ai écrit ces quelques lignes.

Jacques Trémintin

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire